Cameroun - Peuples autochtones, forêts et résilience dans la région du Dja
Statut : projet en cours
Mise à jour : novembre 2025
VUE D’ENSEMBLE DU PROJET
Renforcer les peuples autochtones pour réduire la pression sur les forêts de la région du Dja
SUPERFICIE
Objectif 30 000 ha de forêt primaire du bloc forestier central africain
PARTENAIRES LOCAUX
Associations des femmes rurales
Mairie de Meyomessi
Délégation du Ministère des Affaires Sociales de Meyomessi
Université Yaoundé 1
APAF Cameroun
ÉLÉMENTS REMARQUABLES
La forêt du Cameroun est le deuxième massif forestier le plus important d'Afrique. Les peuples autochtones sont les meilleurs alliés de la conservation.
Le projet, en quelques mots
En juin 2024, l’équipe Green Sanctuaries a réalisé un voyage exploratoire au sud du Cameroun. Avec ses forêts intégrées dans le bassin du Congo, 2ème plus grand massif forestier tropical après l’Amazonie, le Cameroun est un pays clé pour l’avenir des forêts dans le monde. Il compte 22 millions d’hectares de forêt, dont 4,7 millions ont un statut de protection.
La forêt est la propriété de l’État, ce qui a permis jusqu’ici une relative protection. Mais la pression anthropique s’accentue depuis plusieurs années. Green Sanctuaries a notamment pour ambition de négocier la mise sous protection de 30 000 hectares de ces forêts, de les étudier avec des universités camerounaises, de promouvoir des modèles de développement durable en concertation avec les populations, et d’accompagnement les communautés autochtones locales dans la reconnaissance de leurs droits, leur sécurité alimentaire, et leur résilience face au changement climatique.
Les Baka, peuples autochtones considérés comme les premiers habitants de cette vaste zone forestière, se trouvent dans une situation de grande précarité : pas d’accès à la citoyenneté, taux de scolarisation faibles et les revenus des ménages très limités. Les difficultés d'accès à la terre et l'érosion progressive des ressources forestières mettent en grand danger leur sécurité alimentaire et leurs moyens de subsistance. Dans ce contexte, les femmes, particulièrement exposées aux violences, et privées de ces moyens de subsistance comme de la possibilité de faire valoir leurs droits, ont un besoin d’accompagnement d’autant plus important.
De quoi protégeons-nous cette forêt ?
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Faire l’objet d’exploitation minière ou subir la menace d’infrastructures fossiles (oléoduc, gazoduc)
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Subir des braconnages
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Être rasées au profit de l’agriculture vivrière, illégalement, ou pour l’urbanisation
Octobre 2025
Distribution des plants de Ndo’o et intégration dans la parcelle pilote de 3ha
Juin 2025
Deuxième rencontre terrain
Janvier 2025
Lancement du projet d’agroforesterie autour du Ndo’o
Novembre 2025
Obtention de l’agrément en tant qu’association étrangère exerçant au Cameroun
Septembre 2025
Début de l’accompagnement des habitants de 4 villages Baka dans l’accès à la citoyenneté
Mai 2025
Lancement du projet d’élevage de vers blancs
Construction de l’unité de production pour début de l’élevage en juin
Juin 2024
Première rencontre terrain et initiation du projet
Été 2026
Amélioration de la parcelle pilote de 3 ha avec des arbres fertilitaires et des cultures annuelles
Nos actions à Lolodorf, Ebolowa et Meyomessi :
Sécuriser la forêt
Le point de départ : négocier des accords de Paiement pour Services Environnementaux (PSE) avec les communes volontaires
Depuis la première mission de terrain en juin 2024, des négociations sont en cours avec 3 communes du sud du pays en vue de la mise sous protection de 30 000 hectares : Lolodorf, Ebolowa et Meyomessi. Pour cette dernière, ce sont plus de 21 000 hectares qui sont en train d’être étudiés pour mise sous protection par Green Sanctuaries, avec pour objectif de substituer partiellement les revenus forestiers par un mécanisme de paiement pour services environnementaux (PSE). Jeannot Essi Ove, notre coordinateur Cameroun, est une ressource clé dans la négociation de ces accords.
Promouvoir des solutions durables
Des projets pilotes en agroforesterie comme modèles de développement durable pour les populations
Des projets pilotes en agroforesterie ont été lancés depuis octobre 2024. Le premier, avec 10 associations de femmes rurales de la commune de Lolodorf. Le second, avec la commune de Meyomessi et un ensemble d’associations, autour du Ndo’o, ou manguier sauvage. Apprécié pour ses fruits, cet arbre est surtout très prisé pour les noyaux de ses mangues, dont on fait des bases de sauces appréciées dans toute l’Afrique de l’Ouest.
Planté dans de vieilles jachères sur une parcelle pilote de 3 ha, il est associé à d’autres cultures durables (comme la banane plantain) et à d’autres cultures (cacao, macabo, arbres fertilitaires) dans une logique de syntropie. Cette association de plantations de long terme (les Ndo’o produisent à partir de 6 à 8 ans) et de court terme, permet de générer un flux de revenu pour les populations locales.
En octobre 2025, les plants de Ndo’o issus de la pépinière initiée en janvier ont été distribués aux populations locales. Parmi ces plants, 75 ont été intégrés à la parcelle syntropique de 3 ha, en association avec la banane plantain.
En été 2026, Green Sanctuaries, avec le soutien de l’APAF Cameroun, est en cours de diversification de la parcelle de 3 ha.
À lire : un article sur le Ndo’o
En 2025, un projet pilote d’élevage de vers blancs (« foss ») a été lancé avec la communauté Baka afin d’améliorer la sécurité alimentaire tout en protégeant une forêt essentielle pour la biodiversité. Très nutritifs et importants dans l’alimentation locale, le foss est aujourd’hui majoritairement récolté dans la forêt. Cette collecte implique l’abattage de palmiers et de raphias, ce qui accélère la déforestation et fragilise tout l’écosystème.
L’élevage offre une alternative durable. L’unité de production, construite en mai 2025, est aujourd’hui en phase pilote et tests de protocoles d’élevage. Fin 2026, ce projet permettra qu’une partie des vers produits soit vendue afin de générer des revenus pour la communauté. À terme, ce projet vise aussi à être dupliqué dans d’autres villages Baka, afin que chacun puisse s’approprier ce modèle.
Accompagnement les communautés autochtones
Accompagner les populations autochtones locales dans la reconnaissance de leurs droits et vers la sécurité alimentaire
Les peuples autochtones sont les meilleurs gardiens des forêts. L'accès à la citoyenneté est la première étape indispensable à la reconnaissance de tous leurs autres droits — économiques, culturels, environnementaux. Elle permet aussi de protéger les espaces de transmission des savoirs traditionnels, étroitement liés à la forêt, et de reconnaître leur rôle clé dans la conservation du vivant. Nous avons identifié 184 bénéficiaires qui seront accompagnés tout au long du processus d’obtention de leurs actes de naissance. Ces femmes et hommes sont issus des 4 villages Baka de la commune de Meyomessi : Elom, Emvieng, Akomndong, Ngomebae.
La récolte des données et l’accompagnement a débuté en septembre 2025. L’obtention des actes de naissance et des CNI pour les adultes est en cours en 2026.
À lire : un article sur notre action auprès des Baka de Meyomessi
En 2026, une étude sur la situation des peuples autochtones de la zone réalisée par une équipe de l’Université Yaoundé 1, a révélé une situation de malnutrition critique chez les populations autochtones.
Un projet d’accompagnement rapproché des familles Baka et Bantou dans le développement de systèmes agroforestiers adaptés à leurs besoins est en cours de définition : afin de renforcer leur sécurité alimentaire, diversifier leurs sources de revenus et améliorer leur résilience face au changement climatique
Cet accompagnement reposera sur des formations pratiques, la mise en place de parcelles agroforestières familiales de 0,5 hectare associant arbres fertilitaires, essences forestières, arbres fruitiers, cultures vivrières et cultures de rente, la création de pépinières villageoises ainsi qu'un suivi technique régulier. Lors d’une première phase pilote en 2026-2027, 15 premières familles bénéficieront de cet accompagnement de proximité, avec un objectif de 100 familles sur 3 ans.
Sur le terrain :
Hello Jeannot !
On vous présente Jeannot, notre coordinateur Cameroun pour Green Sanctuaries, aux côtés de Christophe Gerschel, le fondateur. Jeannot est une personne clé pour le développement des projets en concertation avec les communautés locales et les associations de femmes rurales, ainsi que pour la négociation des accords de concession auprès des communes.
L’équipe Green Sanctuaries au cœur des projets de terrain
Retour en images sur la mission terrain de juin 2025 !
Comment sont financées nos action ?
Les Paiements pour Services Environnementaux ainsi que les mesures de protection qui seront mises en place (patrouilles, surveillance) seront financés par le fonds de dotation Green Sanctuaries.
Les projets d’agroforesterie et l’accompagnement des peuples autochtones sont financés par l’association Green Sanctuaries.