Bvumba : 2 années d'exploration révèlent un trésor de biodiversité au Zimbabwe

Comment inventorie-t-on la biodiversité d’une forêt afromontagnarde ? Que révèlent ces inventaires ? Pendant près de deux ans, une équipe du National Herbarium and Botanic Garden of Zimbabwe a tenté de répondre à ces questions dans notre forêt du Bvumba. Leur conclusion est sans appel : ce massif constitue l'un des paysages les plus remarquables du Zimbabwe !

Une montagne où deux Afriques se rencontrent

Ce qui rend le Bvumba exceptionnel ne tient pas seulement au nombre d'espèces recensées. Le site réunit, sur 390 hectares, deux grands biomes d'Afrique.

À l’est, l'altitude, la fraîcheur et les brouillards quasi permanents entretiennent une véritable forêt tropicale afromontagnarde. Les arbres y sont hauts, la canopée forme plusieurs étages, les fougères arborescentes, mousses et épiphytes prospèrent dans une atmosphère constamment humide.

Quelques kilomètres plus loin, l’ouest présente un paysage bien différent : celui du miombo, une savane boisée plus ouverte, plus sèche et davantage influencée par le feu et les saisons.

Ces deux secteurs constituent deux ensembles écologiques bien distincts, avec des flores, des structures forestières et des communautés biologiques différentes.

Au total, les chercheurs distinguent 17 types de végétation, allant de la forêt tropicale d'altitude aux prairies montagnardes, en passant par les forêts riveraines, les affleurements rocheux colonisés par des plantes spécialisées, les forêts secondaires ou encore plusieurs variantes de miombo. Une telle mosaïque d'habitats sur une surface relativement limitée explique en grande partie la richesse du site !

Sur cette carte, chaque couleur représente un type de végétation différent :


Comment réalise-t-on un inventaire de biodiversité ?

Pour les plantes, les chercheurs installent des quadrats de 20 × 20 mètres répartis dans chacun des types de végétation. Toutes les espèces y sont identifiées, parfois après vérification à l'Herbier national de Harare, tandis que les arbres sont mesurés afin d'évaluer la maturité des peuplements.

Les oiseaux sont recensés grâce à deux approches complémentaires : des points d'écoute, où les ornithologues restent immobiles plusieurs minutes pour reconnaître les espèces à la vue mais surtout à leurs chants, et des transects, parcourus lentement à travers les différents habitats. Les nids actifs ou abandonnés complètent également les observations.

Les mammifères, reptiles, amphibiens et papillons nécessitent une autre stratégie. Les chercheurs parcourent les habitats selon des méandres aléatoires, interrompus toutes les 15 minutes par des phases d'observation silencieuse. Beaucoup d'animaux ne sont jamais vus directement : leur présence est révélée par des empreintes, des excréments, des cris ou des nids.

Enfin, les cours d'eau sont explorés à l'aide de filets destinés à capturer les macro-invertébrés aquatiques. Ces petites larves d'insectes, mollusques ou crustacés constituent d'excellents indicateurs de la qualité écologique des rivières.

Une richesse remarquable

Les résultats confirment l'importance écologique du Bvumba. Les botanistes recensent 381 espèces végétales, réparties dans 224 genres et 106 familles, soit près d'un tiers de toutes les espèces déjà documentées dans l'ensemble du massif du Bvumba.

L'étude identifie également :

  • 100 espèces d'oiseaux, soit environ 40 % de toutes celles déjà connues dans le massif et près de 15 % de l'avifaune du Zimbabwe ;

  • 18 espèces de mammifères ;

  • 8 espèces de reptiles ;

  • 19 espèces de papillons ;

  • 2 espèces de mollusques ;

  • 13 ordres, 47 familles et 37 genres de macro-invertébrés aquatiques, témoignant de cours d'eau encore en bon état écologique.

Une base indispensable pour protéger la forêt

Le rapport souligne enfin que le Bvumba reste un territoire fragile. Agriculture, anciennes plantations, espèces exotiques envahissantes et changement climatique menacent progressivement ces écosystèmes dépendants de la brume et de l'humidité. En fournissant une photographie précise de la biodiversité actuelle, cet inventaire constitue désormais une référence pour suivre l'évolution de la forêt dans les années à venir.

Cette étude montre que le Bvumba est avant tout un véritable laboratoire naturel où se rencontrent deux grands écosystèmes africains et une biodiversité d'une richesse exceptionnelle !

Quelques espèces présentes dans le Bvumba :

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